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Philosophie de la prévention générale

Le Décret 04 mars 1991 relatif au secteur de l'aide à la jeunesse repose sur différents principes dont un qui accorde la priorité à la prévention générale.

Dans l'article 21 de ce même décret, le Conseil d'Arrondissement de l'Aide à la Jeunesse (CAAJ) stimule et participe à la mise en œuvre de la prévention générale.

L'objet central du travail des CAAJ est donc de définir une politique de prévention générale dans l'arrondissement. Ce concept a été défini par le CCAJ dans son avis n°50.

 

De multiples recherches ont montré que ceux qui étaient soumis précocement et intensivement à des situations violentes - qui peuvent être de natures très diverses - avaient de fortes "chances" de se faire eux-mêmes porteur de violence, contre eux-mêmes (toxicomanies diverses, suicides, ...) ou contre les autres. C'est ce que Pierre Bourdieu nomme la "loi de reproduction de la violence". Il s'agit de travailler à ce que cette probabilité ne se transforme pas en destin; pour ce faire, il faut s'attaquer aux mécanismes qui permettent ou favorisent une telle reproduction.

Une fraction importante de la population est soumise à une violence structurelle énorme, économique et sociale: privation d'emploi, désaffiliations diverses, destruction progressive des différents filets de sécurité mis en place par la solidarité collective et publique, ...

Cette violence structurelle est relayée "activement" par une multitude de micro-violences qui s'exercent au quotidien et échappent le plus souvent aux regards comme aux sanctions (image de violences invisibles): violences intra-familiales, violences institutionnelles (suspicion injustifiée, traitements non équitables, violation des droits, rejets, ...), ou relationnelles (comme la stigmatisation et le mépris), et symboliques (comme le "délit de facies").

Les effets de ces violences invisibles sur les personnes ou les groupes moins favorisés sont considérables. Il arrive malheureusement que ces personnes ne voient pas d'autre issue à leur situation que de déployer à leur tour des comportements violents, souvent de manière inopportune ou répréhensible: aux violences "invisibles" répondent alors des violences visibles "visiblement répréhensibles".

Pour ce faire,  les CAAJ déterminent un plan d'actions triennal c'est-à-dire "un plan comprenant l'ensemble des actions de prévention générale menées par le conseil d'arrondissement en collaboration avec les autres secteurs et visant à répondre aux phénomènes sociaux identifiés par le secteur de l'aide à la jeunesse en concertation avec les autres secteurs comme des facteurs de risque ou d'exclusion des jeunes et de leur famille" (article 22 du décret du 04/03/1991).

Consulter l'avis n°50 du Conseil Communautaire de l'Aide à la Jeunesse

 

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